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S’habiller aujourd’hui, un problème de tailles…

Taille standard & sur-mesure….

Que ce soit dans les magazines de Mode, dans la presse économique ou dans les médias citoyens (voire la très intéressante étude de Margaux Gandelon dans Agoravox) , les journalistes font couler beaucoup d’encre sur cette question : Pourquoi est-ce si difficile de s’habiller aujourd’hui dans les magasins de prêt-à-porter ?

Car vous avez certainement expérimenté comme nous la difficulté de trouver la bonne taille (allez, je prends en cabine le 38, 40 et 42, comme ça y ‘en bien un des 3 qui va aller !)
Et puis en fait selon votre morphologie, soit il baille à la poitrine, soit il vous fait des épaules de camionneur, soit il fait 20 cm de trop !

De la difficulté de porter du standard et de trouver sa taille….

Les vêtements que nous portons tous les jours sont des vêtements dits de « prêt-à-porter », par opposition au sur-mesure, et à la Haute-Couture. Le Prêt-à-porter est produit par de grandes entreprises industrielles du textile qui produisent en grande quantité. Elles ont donc besoin d’établir des standards et des références afin de pouvoir fournir des vêtements « normés ».

Ces entreprises –  en tous les cas en France – basent leurs barèmes de tailles sur les normes de l’IFTH (Institut français du textile et de l’Habillement). Jusqu’en 2009, l’industrie du prêt-à-porter s’établissait sur des mensurations qui avaient été relevées auprès de la population française en 1970. Ces mensurations étaient mêmes normées auprès de l’AFNOR. Entre 2003 et 2006, l’IFTH a lancé une grande campagne de mensurations qui a abouti à un nouveau barème de 34 mensurations en 2009.

Et ce nouveau barème a démontré que le corps de la femme avait beaucoup changé.

Je m’explique : voici un tableau récapitulatif des 3 mensurations principales reprises dans 3 tailles seulement, en comparant le barème qui a eu court jusqu’en 2008 et celui de 2009 à aujourd’hui. Sachant que le barème sorti en 2009 a mis quelques temps à s’appliquer, c’est pour cela que ce n’est que récemment qu’on a ressenti ce changement de taille.

 

A la lecture de ce tableau, on comprend que le barème du tour de poitrine n’a pas changé. Donc que la norme pour les hauts (veste, tee-shirt,…) n’a pas bougé de façon générale.
Par contre pour les bas, là nous avons grossi Mesdames. Qu’à cela ne tienne, ils nous ont toutes fait perdre une taille : Un 40 de bas (taille et hanches) est devenu un 38 dans le nouveau barème (en jaune) !

Voilà, maintenant vous savez pourquoi nous avons toutes maigri ces dernières années.

Enfin pas tout-à fait. Parce que tout ça, ce n’est qu’un barème.

Or les grandes marques du textile n’ont aucune obligation de se conformer à ce barème. C’est donné à titre indicatif. Comprenez : chacun fait comme ça l’arrange.

Et c’est là que notre dieu Marketing fait son entrée avec le «  vanity sizing »….késako ?

Le « vanity Sizing » – Oh les petits malins…

Comme il n’existe aucune réglementation relative à l’application et à la concordance des tailles en Europe, de nombreuses entreprises de prêt-à-porter usent et abusent d’une technique marketing dite de « vanity Sizing ».Oou « taille de complaisance » en français dans le texte :).
Tout droit en ligne avec la théorie de base du marketing  qui est que  « L’idée que l’on se fait du produit est plus importante que le produit lui-même », le «Vanity sizing » se base sur le postulat qu’une femme (ou un homme) va acheter plus facilement un vêtement si la taille est plus petite. En gros, je vous flatte votre égo, du coup vous achetez (oh mon dieu, je rentre dans un 34 !!!!)
Le Parisien a rédigé un très bon article sur le sujet, résumé dans ce joli dessin :

Source : http://www.leparisien.fr/societe/mais-quelle-taille-de-vetement-fait-on-reellement-19-11-2016-6347109.php

Le problème, vous le comprenez bien en regardant ce mannequin, c’est qu’on ne sait plus quelle taille choisir. En magasin, ça provoque de la frustration. Et pour les achats en ligne, on hésite, on retourne… Certaines études disent que 1/3 des retours en ligne seraient liés à ce phénomène.

Mais certains détracteurs vous diront qu’une telle chose n’existe pas… je vous laisse seul(e)s juges…

Reste un dernier facteur, mais pas des moindres, la notion même de standard…

« Standard », vous avez dit « standard » ?

Rappelez vous, je vous expliquais que l’industrie textile, pour pouvoir produire en grande série, était obligée de se baser sur un barème standardisé. On comprend bien la logique, mais cela va à l’encontre même du corps humain, qui est tout sauf standard…

Car quelle femme fait  à la fois un 40 à la poitrine, à la taille, aux hanches ? Et je ne parle pas de la carrure (un 40 aussi ?), de la largeur d’épaules (toujours 40 ???). Bref, nous ne sommes pas des stéréotypes, et rares sont celles qui rentrent « dans les cases ». On parle d’ailleurs de « morphotypes », et de silhouettes A, V, X, Y ou encore O.

Voilà, je pense qu’on est là au cœur du problème et que cela explique pourquoi il est si difficile de s’habiller aujourd’hui. Car au-delà de la question « oh elle est jolie cette robe, je prends quelle taille ??? », la vraie difficulté est que le vêtement ait une forme qui convienne à notre morphologie, qui elle, tient compte de ces écarts de mensurations entre les différentes courbes de notre corps.

 

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